J’ai été un opposant résolu de Macky Sall durant ses deux mandats à la tête du Sénégal. Je n’ai jamais dissimulé mes désaccords politiques, parfois profonds, avec ses choix, sa gouvernance et sa vision. Cette position fut constante, publique et assumée. Mais l’histoire d’un pays ne peut se résumer à des antagonismes permanents, encore moins lorsque se présente une opportunité qui dépasse les clivages internes et engage l’avenir de toute une nation.
Aujourd’hui, la perspective d’une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies ouvre un débat qui mérite hauteur, responsabilité et sens de l’État. Ce débat ne doit pas être confisqué par les ressentiments, ni parasité par des règlements de comptes politiques transposés sur la scène internationale.
La défense des droits humains, à laquelle je demeure attaché, ne saurait se transformer en tribunal politique sans procédure, ni en instrument de disqualification systématique. Les principes que nous revendiquons pour nos propres sociétés doivent aussi guider notre posture à l’international : rigueur, équité, respect des règles et refus des procès d’intention.
Qu’on l’ait soutenu ou combattu, Macky Sall a été Président de la République du Sénégal pendant douze ans. À ce titre, sa candidature éventuelle à la tête de l’ONU ne relèverait pas d’un destin personnel, mais d’un enjeu national et continental. Voir un Sénégalais accéder à une telle fonction serait un événement majeur, porteur de visibilité, d’influence et de crédibilité pour notre pays, et plus largement pour l’Afrique, encore sous-représentée dans les sphères décisionnelles mondiales.
Le Sénégal a toujours revendiqué une diplomatie de paix, de dialogue et d’équilibre. Offrir au monde une voix sénégalaise au sommet des Nations Unies serait dans la continuité de cette tradition. Ce serait aussi reconnaître que, dans le concert des nations, nos divergences internes ne doivent pas affaiblir nos ambitions collectives.
C’est pourquoi j’en appelle au successeur du Président Macky Sall : quelles que soient les ruptures politiques revendiquées, l’intérêt supérieur du Sénégal commande de ne pas fermer la porte à une opportunité historique. Gouverner, c’est aussi savoir dépasser les antagonismes du passé pour servir l’avenir.
Soutenir une telle candidature ne signifie ni reniement, ni absolution. Cela signifie simplement faire le choix de la maturité politique et du patriotisme. Le Sénégal mérite d’être entendu, respecté et représenté au plus haut niveau. Et parfois, l’histoire nous oblige à regarder au-delà de nos combats d’hier pour construire une influence durable demain.
Issa Ba,
Président du mouvement UN AUTRE AVENIR